Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 17:56

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Il fixe en photo ce que ses yeux ne voient pas


Pour sa première exposition, au Klub de Saint-Contest, Raphaël Mazé nous plonge dans son univers à travers 24 clichés, essentiellement de la macrophotographie.

 

41 ans, Raphaël Mazé est à la fois presque aveugle et photographe. Il tire une force de son handicap en faisant de sa perception des contrastes une forme d'art très singulière.

 

Portrait

Lunettes de soleil sur la tête, canne blanche à portée de main, l'oeil rivé au viseur. À prime abord, il est difficile de comprendre ce que fait Raphaël Mazé quand il se consacre à sa passion. Déficient visuel à 90 %, il a décidé de se lancer dans la photographie en 2006, à l'occasion de la naissance de ses jumeaux. « Je souhaitais garder un souvenir pour mes enfants et à part moi, personne ne pouvait prendre de photos. Ma femme était trop occupée. J'ai donc attrapé un appareil et commencé à mitrailler. »

« Comme retrouver la vue »

Raphaël Mazé n'a pas toujours été presque aveugle. « J'ai perdu la vue à l'âge de 22 ans, suite à un incident domestique brutal », confie-t-il. Le cristallin est atteint. Il passe une année avec des pansements sur les yeux entre dix opérations chirurgicales. À la sortie de cette période noire, il recouvre une infime partie de ses moyens. « C'était comme retrouver la vue une seconde fois », se souvient-il.

De cette perception inespérée, il tire une force. Un enthousiasme qui le poussera plus loin. Dans le monde du ressenti, de l'imagination et du plaisir artistique. À 41 ans, cet ancien libraire se déplace aidé par une canne, au grès des contrastes de lumière. C'est ainsi qu'il parvient à réaliser ses clichés.

Raphaël Mazé travaille seul. Il imagine d'abord la photo. La mise en scène est primordiale. « J'aime utiliser des objets usuels et les détourner », confie-t-il. Par exemple, pour attirer une guêpe sur une tomate, l'artiste pulvérise du miel sur le fruit. Le piège fonctionne. « Je suis incapable de voir l'insecte. Je distingue seulement des contrastes. » Au ressenti, il « mitraille » lorsqu'il sent la présence de la proie.

Parfois, il doit s'armer de patience. « Je peux passer trois à quatre jours à attendre que les conditions soient réunies pour prendre la photo. » Ou, sur une envie, saisir un instant au moment où il le sent. Comme ces oiseaux pris en contre-jour au bord de la mer.

Néophyte de la photographie, Raphaël Mazé a appris en trois ans les bases. « Il m'a fallu mémoriser entièrement les menus de mes appareils successifs. » Il traite les images sur ordinateur grâce à des écrans géants de plus de 120 cm. Pour faire ressortir les contrastes. Le logiciel de retouche le guide par une voix.

Pour le résultat final, les avis de sa femme et de ses amis deviennent déterminants. « Je cherche à donner une émotion en sachant que ne pourrai jamais en prendre connaissance. »

Jusqu'au 30 novembre, (avec une interruption du 13 au 16 novembre inclus), l'exposition « Bon pied bon oeil » est à voir au Klub, 8, rue Ferdinand-Buisson à Saint-Contest. Du lundi au vendredi, de 14 h 30 à 19 h. Ses photos sont aussi visibles sur son site Internet www.focalblind.com

 

Source Ouest-France du jeudi 12 NOV 2009

IMPORTANT : L' heure d'ouverture est de 14 H à 18 H.

Remerciements à l'équipe de la rédaction.

Par raphael mazé - Publié dans : Actualité
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